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Débat de Congrès PCF 2018 en Basse-Loire

Compte-rendu des échanges du 7 février 2018

vendredi 9 février 2018

Réunion du Comité local de la Basse Loire du PCF
Mercredi 7 février 2018, 17 à 19h.30
Un compte rendu synthétique des échanges

A l’ordre du jour de cette réunion : les EGPS ; les éléments de fond de la préparation du congrès ; les suites de l’abandon de NDDL ; la situation économique et industrielles dans le département, « des questions vitales ».

1 - États Généraux du progrès social

Le week-end dernier, tenue des États Généraux du progrès social (EGPS) du PCF à Paris, auxquels notre camarade Rémy a participé. On trouve dès aujourd’hui dans l’Huma et dans son supplément CommunisteS, n° 711 du 7 février, de premiers éléments sur le déroulement et ses contenus. D’autres, plus complets, suivront sans doute sur le site du parti, avec un compte-rendu in extenso.
Rémy donne son « regard vécu » sur ces États Généraux, la participation de la fédération et les propositions d’action qui en sont issues, après les restitutions des divers ateliers. L’appel, « premier socle des EG », est « un outil de communication pour une première mise en œuvre dans les territoires ». Rémy, de mémoire de militant, considère « cette journée comme historique ».

Construire des prolongements jusqu’à la Fête des NLA

On peut certes y voir une réunion offensive qui s’exprime sur ce qui bouge, les problèmes existent mais il faut les porter, avec le parti comme force motrice des luttes. Au niveau départemental, la visite du sénateur communiste Fabien Gay que rapportent les NLA récentes, porte certaines choses. Après l’abandon de NDDL, il faut en effet davantage mettre l’accent sur la situation de beaucoup d’entreprises de LA : Chantiers de St-Nazaire, centrale de Cordemais, Arcelor à Couëron, etc.
Cette visite n’est donc qu’un avant-projet de construction, pour poursuivre les EGPS dans le département comme une action de longue durée sur plusieurs mois. Comment la porter ? Plus que par une prise ponctuelle de parole ou par un tract départemental, en la travaillant avec les parlementaires et les élus locaux, les syndicats. La Fête des Nouvelles des 19 et 20 mai 2018, « seule événement politique du département », doit devenir un rassemblement des luttes avec un débat public à ce sujet, un lieu de bataille et d’action, un moment fort de rassemblement.
La période actuelle sans élections prochaines permet la prise en mains des propositions à faire suite à l’abandon NDDL. Il ne signe pas « un désert économique dans le département ». A l’image de la « Folle Journée » musicale de ce week-end, il faut creuser toutes les dimensions culturelles, économiques et sociales. C’est comme ça qu’on pourra faire la démonstration de notre nouvelle utilité auprès des gens. C’est difficile, mais l’ensemble, EGPS, visite du sénateur, actions syndicales, vont dans le sens de l’utilité de la bataille politique : une action de fond pour l’emploi, le social, l’économique et le territorial.
Il faut y intégrer les difficultés des collectivités territoriales, car le lien est indissociable entre les communes et le développement économique, industriel et social. Les élus ont un rôle à jouer, mais c’est le parti qui doit piloter, dans une combinaison efficace et cohérente, avec des actions sociales ayant une connotation de lutte. Alors ces EGPS auront un rôle de déclencheur, pour dire « qu’on ne peut plus rester où nous en sommes ». L’ensemble des camarades présents approuvent et soutiennent cette orientation.

Poursuite de la discussion

On peut être interrogatif sur les difficultés syndicales rencontrées pour mener une réaction de masse face à l’accélération du désordre Macron/Capital. Même si le cas de Carrefour montrant un travail de sape, sans réaction syndicale avec un minimum d’unité, n’encourage pas à agir, ni même à trop réfléchir. S’agissant des services publics, en principe le gouvernement est responsable des « emplois publics réservés aux services régaliens de l’État », comme l’enseignement dans l’Éducation nationale par exemple. Or on constate une deuxième attaque de « développement de la contractualisation dans les services publics », mettant du statut privé (intérimaires) aux côtés des fonctionnaires. Mais les réactions restent faibles. Il y a bien la CGT, mais « les autres s’installent dans ces réformes du travail vers un statut unique mettant fin à la fonction publique ».
D’accord pour les EGPS, mais s’ils contribuent finalement à des fronts de lutte divers et variés à toutes les échelles. Et pas qu’au niveau national, pour un « mouvement social » général en attente, mais pour l’instant aux abonnés absents.
Il faut qu’à l’occasion du congrès, le parti clarifie en ce sens un certain nombre de points. 1) Régler vraiment la question du « populisme de gauche » expression stratégique associée à l’idée et à la pratique du Front de Gauche (C.Mouffe). 2) Se redonner les moyens d’une action locale diversifiée par la réaffirmation statutaire et pratique des cellules locales. 3) Définir en cohérence notre propre projet communiste spécifique, sans s’aligner d’entrée derrière ceux des autres ; sans dissoudre le communisme dans le vague pot trop commun des « communs », amalgame disparate de toutes les utopies contemporaines, certaines étant franchement régressives, d’autres parfaitement capitalo et/ou Macron compatibles.

Pour l’aspect politique, un camarade couëronnais rend compte de la récente rencontre locale avec le PS. Aux questions sur la réplique politique des organisations de gauche face aux attaques du gouvernement Macron, pas de volonté du PS local de mener une lutte même contre les conséquences sur les collectivités territoriales (baisse des dotations de l’État), diminution des services publics et des emplois. Leur seule réponse : respect de la loi et « réflexion interne pour transférer certains emplois vers le privé ». Pour mener une action il ne faut donc compter que sur nous-mêmes, alors que la situation est explosive pour tout le monde.
La position des camarades est qu’il faut intervenir plus fortement pour l’aménagement du territoire, sur le niveau de vie des fonctionnaires et « de ceux qui ne peuvent plus vivre de leur travail ». Pour cela, il faut, en effet, également « combattre tous les populismes ». Un exemple, à propos de la gare SNCF de Couëron où il faudrait des parkings dignes de ce nom, en nombre suffisant. Or : refus de la FI d’en parler, soi-disant « pour préserver des terrains agricoles » !
Maintenant que l’abandon de NDDL est acté, il faut « sortir de la chape de plomb » qu’il faisait peser, pour « aborder d’autres idées, d’autres perspectives, sur tout ce qui a été trop longtemps laissé de côté, pour toutes les autres activités dans un département qui est riche de son potentiel ». Cela dit, la bataille politique de l’après-NDDL est engagée : quelles conséquences et quelles suites ? Il reste important de suivre le règlement des questions agricoles et foncières dans la ZAD, au-delà des fêtes de la « victoire » concurrentes annoncées.

2 – Dans la préparation du Congrès, la situation interpelle notre visée communiste

Reprise de la discussion de Congrès.

Notre Congrès, pour répondre à son ambition d’être « extraordinaire », doit « partir du réel des gens », pour s’y inscrire et y participer, ce qui pose la question de notre visée communiste. Les actions ponctuelles contre la loi travail, la CSG, pour les EHPAD, demain pour la SNCF, l’énergie, les questions posées par l’épisode neigeux, « interrogent le réel, le vécu des gens sur le très long terme, mais ce n’est pas à nous de décider à leur place. » Nous devons « garder notre autonomie de réflexion », or nous nous sommes trop mis à la remorque des élections et les derniers congrès se sont, « tout le temps, tenus en fonction du calendrier électoral ». Nous nous sommes trop « inféodés à la marche institutionnelle », et devenus « trop tributaires de ça, tout passe par là, on ne voit plus que ça ».
Comment changer le parti ? La question est vraiment posée. En plus des sections et des cellules, il faudrait « une deuxième organisation en réseaux », par exemple pour la politique industrielle nationale et départementale, à échéance de 10 à 15 ans, sur la durée comme ce fut le cas pour le SMIC et les 35 h. Dans le département tout le monde est concerné. Il y a à construire une dynamique et sa crédibilité, en formant des réseaux, sous la responsabilité du parti, avec de nouveaux « compagnons de route ». Les gens demandent de la participation, comme on le voit avec Facebook, Instagram et Twitter. Il ne croient plus à la démarche électorale, mais gardent une volonté de participer. Comment intégrer, dans les quartiers, et dans la durée, de nouvelles organisations complémentaires au parti. Ce que devrait être le rôle de l’Huma, c’est le suivi des luttes sociales, qu’on sache leur listage, « un journal des luttes pour donner envie d’aller plus loin ». « Le communisme de demain se construit aujourd’hui ».
On voit bien que dans notre discussion, les EGPS sont liés à la préparation du congrès. Mais la question se pose : le parti d’aujourd’hui est-il en situation ou en-deçà de mener ce qu’il dit ? Son positionnement trop à la remorque des élections est-il utile ? Où en est-il ? Fait-il clairement la distinction entre projet, programme, visée ? Force est de constater que le parti ne regarde pas assez ces questions. « Les EG ne sont qu’un bout, pas notre « socle » ».
Qu’en est-il du dépouillement du questionnaire de l’automne dernier. Seules les très grandes lignes ont été exploitées. Mais même superficiel, il exprimait une réelle volonté de transformation du parti, dont on ne voit toujours pas apparaître les grandes lignes. De même pour le sondage Viavoice pour la fondation Gabriel Péri dont seuls quelques éléments ont été publiés dans l’Huma. Ils indiquent que 32 % des jeunes pensent que le communisme a de l’avenir. On aimerait avoir tous les détails, inaccessibles aussi, et réservés semble-t-il à une élite.

Utopies, « commun(s) » et communisme ?

La confusion règne, par exemple entre « communs » et communisme, qui ne sont pas la même chose. Hier, par exemple, l’Huma a publié en gros dossier Idées sur l’Utopie. Bel exemple des idées qui sont « dans l’air du temps », auquel le parti et l’Huma s’empressent un peu vite d’emboîter le pas. Attention cependant : les avocats actuels des utopies, un bric à brac disparate, et qui parlent du ou des « COMMUNS » s’en défendent ainsi : « Les communs ce n’est pas le communisme ou le collectivisme » (Utopia, 2017, p.23). Ce qu’ils veulent, c’est surtout lever « l’hypothèque communiste » qu’ils assimilent à l’étatisme dirigiste, a l’autoritarisme soviétique, pour une soi-disant « alternative en actes » qui passe le communisme tout entier à la trappe.
Qu’est-ce que nous, on veut faire d’un parti du XXIe siècle ? Pierre Laurent dit : « le rassemblement ça viendra d’en bas ». Alors, on fait comment ? Avec qui ? Tous ceux qui luttent, pour leurs luttes, tout en gardant notre appréciation. Par exemple, la CGT Énergie porte un projet de « décarbonisation » pour la centrale thermique de Cordemais. Ce n’est pas notre projet, mais on est d’accord pour le porter. Plus globalement, le parti lui-même a besoin d’un projet industriel départemental.
Il faut pousser toutes ces questions. Il y faudra encore d’autres réunions à venir, car on n’est pas au bout du chemin. Sur ces trois points : le rassemblement, le Front de Gauche et son échec, la transformation du parti, si le parti passe encore à côté, rien ne sera réglé. Les élections partielles récentes confirment un taux d’abstention de 80%, fruit des déceptions accumulées.
Notre congrès « extraordinaire » doit l’être impérativement. Or, pour l’instant, il reste plutôt ordinaire. Dans « notre mode actuel de fonctionnement, toutes les structures : cellules, sections, fédération et nationale, marchent bancales ». Il n’a rien à gagner à devenir, comme d’autres, le parti des « clics » internet.

PROPOSITION :

Après déjà dix heures de discussions riches et denses, continuons à pousser notre réflexion, sur les points suivants : PARTI, RASSEMBLEMENT, PROJET, avant et jusqu’à l’adoption de la base commune de discussion par le comité national. Dans nos réunions mensuelles, ou toutes les 3 semaines. Avec des relevés des discussions dans des compte-rendus écrits comme celui-ci. L’idée est de réunir et de synthétiser ensuite l’ensemble de ces compte-rendus dans un document, imprimé et numérique, de 5 à 6 pages qui sera remis ou envoyé à l’ensemble des camarades de la section. Il constituera un complément à la base de discussion pour la conférence locale et une contribution au congrès départemental. Pour nourrir la réflexion et que la base commune nationale ne tombe pas du ciel comme ça et en tant que document unique et exclusif de prè-congrès.

Discussion et adoption de la proposition :

Quel projet ? Un projet de société ! Un projet n’est pas un programme, un catalogue de mesures nationales souhaitables, mais qu’on est bien incapable de mettre en œuvre seuls actuellement. Quand on relit les « classiques », Le Manifeste de 1848, voilà un projet, pour un parti qui n’existe pas encore, et ne verra le jour qu’en 1920 en France. Un économiste de Natixis l’affirme aujourd’hui : « Marx avait raison ».
Quand des camarades vont au contact sur le terrain, ils sont bien accueillis. Les élus locaux sont sous pression, par exemple dans la préparation du conseil communautaire de Nantes Métropole. Il faut sortir de la logique d’élection, et poser plus concrètement des questions telles que celle du logement social. C’est toute la fédé qui ne fonctionne pas sur trop de questions.
Le projet ne doit « pas corseter », c’est un « fil conducteur pour demain et après demain ». Une feuille de route à suivre à travers un rassemblement porteur d’une démarche majoritaire « vers un futur désirable ». Mais pas encore la clarté, « un flou entre Projet, Visée, Programme ». Pour l’éclaircir, il nous faut nous retrouver nous-mêmes et nous réaffirmer comme communistes.
Il faut donc lever les interrogations sur la notion de projet. Mais préparation du Congrès et (re)définition du projet, est-ce compatible et gérable ? Quoi qu’il en soit, il faudra se battre pour la place de la section dans le congrès départemental, pour que ses analyses sous forme d’amendements, ne soient pas « zappées » comme aux congrès départementaux précédents.

Prochaine réunion, le vendredi 2 mars à 17h.

A l’ordre du jour :
1) Visée, projet, programme.
2) Le parti et sa transformation.
3) Le rassemblement
.

Compte-rendu : J-Y Martin, d’après ses notes

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